Vétérans : retour vers l’enfer ?


vétérans

 

Les élections de mi-mandat, comme celles qui ont conduit à la victoire de Donald Trump, ont lieu dans un pays en guerre et au sein d’une société militarisée.

 

 


Les événements récents de la campagne pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ont rendu à nouveau visible l’alt-right. Les visages de Cesar Sayoc, suspecté d’avoir envoyé des colis piégés à diverses personnalités proches des démocrates, et de Robert Bowers, qui a avoué être l’auteur de l’attentat antisémite contre la synagogue de Pittsburgh, ont tristement incarné sur les écrans de télévision la haine et la violence dans son expression la plus absurde. Comme souvent, des experts télévisuels des Etats-Unis ont mis l’accent sur la rhétorique brutale du président Trump, la dégradation des règles du jeu politique, le laxisme américain en matière de régulation des armes à feu et la puissance délétère des réseaux sociaux. Une explication décisive apparaît trop rarement : la militarisation de la société américaine.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le pays est en guerre permanente. Depuis le 11 septembre 2001, ses interventions militaires ont atteint un niveau proche de la saturation pour l’ensemble des forces armées composées de l’armée régulière et de la garde nationale. Les élections de mi-mandat, comme celles qui ont conduit à l’élection de Trump, ont lieu dans un pays en guerre. C’est une banalité qui doit être rappelée.

L’invisibilité des combats et des morts, voulue par l’institution militaire elle-même pour ne pas effrayer l’opinion publique, a conduit à effacer la guerre du paysage. Or, les combattants toujours en activité comme les anciens jouent un rôle décisif dans le débat public contemporain. Dans un ouvrage récemment publié chez Harvard University Press, Bring the War Home (2018), l’historienne Kathleen Belew rappelle à quel point la guerre du Vietnam a façonné l’ultradroite depuis les années 70. De l’hostilité envers l’Etat fédéral à la haine de l’autre, en passant par le savoir-faire nécessaire à la confection des bombes, ces militants avaient tout appris de leur expérience du feu. Les guerres successives n’ont fait qu’accentuer le phénomène.

La suite ici :https://www.liberation.fr/debats/2018/11/01/veterans-retour-vers-l-enfer_1689273

4.11.18

Istacec

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