Victimes du clic, nous sommes devenus des « prolétaires affectifs » du web


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Dans le cadre de cette économie des affects, nos interactions en ligne constituent un « travail affectif numérique » et nous transforment en un « prolétaire affectif » qui « produit beaucoup d’affects, au point qu’il ne peut subsister que par ce qu’il produit ». Les données que nous produisons permettent aux plateformes de nous promettre une expérience personnalisée  Elles viennent alimenter des méthodes et algorithmes brevetés qui participent à notre profilage.


La circulation numérique de nos émotions est un élément essentiel de l’économie du web social. Nos interactions en ligne deviennent les ressorts d’un « capitalisme numérique affectif » dont nous sommes les travailleurs bénévoles, promesse d’une meilleure expérience en ligne mise à part. Mais à qui profitent nos affects et comment sont-ils exploités ? Les enseignants-chercheurs Camille Alloing et Julien Pierre analysent et critiquent ce phénomène dans leur ouvrage « Le web affectif, une économie numérique des émotions » (INA Editions).

Les auteurs ont pris le parti de parler « d’affects » plutôt que « d’émotions ». Quelle est la différence ? Les émotions seraient individuelles, de l’ordre du ressenti, alors que les affects sont de l’ordre de la relation sociale. Affecter « c’est avoir un effet sur quelqu’un, l’inciter, l’émouvoir, empiéter sur sa réalité ».

Rapporté au web, il s’agit d’attirer l’attention de l’internaute sur des informations produites par d’autres utilisateurs et de l’y faire réagir (par un clic, un like, un commentaire… en d’autres termes une donnée numérique) : c’est ce qui permet de faire circuler le contenu en question. Cette preuve d’intérêt produit des recettes publicitaires et vient alimenter les stratégies des grandes plateformes qui ont alors des éléments pour décider où investir.


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29.11.17

Istacec

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