Vincent De Coorebyter. Comment donner du poids aux parlements de citoyens ?



 


Un parlement tiré au sort peut mener des débats de qualité, qui ne sont pas pervertis par des jeux politiques. Mais, précisément parce que ses membres ne doivent pas se préoccuper de satisfaire des électeurs, il faut garantir qu’ils seront attentifs aux préoccupations de tous. On peut certes miser sur la dynamique délibérative pour atteindre ce résultat.`

 


Dans ma chronique du 13 mai, j’ai suggéré de passer par des élections fédérales pour se donner une chance de voir les choix politiques coller davantage aux nouveaux questionnements issus de la crise sanitaire.

On m’a fait remarquer qu’il s’agit là d’une solution insuffisante, voire passéiste, puisqu’elle ne modifie en rien notre cadre démocratique, qui est également en crise profonde. Dans le meilleur des cas, des élections ne changeront qu’une chose : le rapport de force à la Chambre des représentants, et donc les conditions de formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Mais le problème majeur subsistera, à savoir que les parlements élus traduisent fort mal la volonté populaire.

De fait, comme je l’ai écrit en décembre dernier, il y a un écart considérable entre ce que veulent les citoyens, dossier par dossier, et les résultats de leurs votes. Tous les sondages montrent, par exemple, un fort désir de verdir notre système de production et de consommation, mais des élections à l’automne pourraient renforcer le Vlaams Belang, qui méprise les enjeux environnementaux. En outre, par-delà la question des rapports de force, des parlements élus restent libres d’ignorer certaines aspirations populaires, de donner, par exemple, la priorité au réalisme économique et budgétaire plutôt qu’aux revendications sociales et environnementales. Sans parler du principal reproche adressé aux partis, à savoir le fait qu’ils privilégient des compromis boiteux, des donnant-donnant qui leur permettent de flatter leur clientèle électorale respective au lieu de défendre l’intérêt commun.

Pourquoi, alors, avoir appelé à des élections plutôt que de passer par la voie, plus prometteuse, d’un parlement de citoyens tirés au sort qui pourrait, lui, exprimer fidèlement les attentes de la population ? Il y a deux grandes réponses à cette question, que je voudrais reprendre ici.

La suite icihttps://droit-public.ulb.ac.be/cahier-de-crise-29-du-10-juin-2020-comment-donner-du-poids-aux-parlements-de-citoyens/

18.06.20

Istacec

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