Vote par internet : l’isoloir ou l’isolement



 

 

 


 Voter par internet c’est prendre le risque de s’oublier. S’oublier en tant que communauté politique et n’être plus que des individus. Voter par internet c’est détruire encore un peu plus le lien social, c’est désacraliser l’opération de vote et la rendre aussi vulgaire qu’un like sur Facebook.

 

 


A la demande du ministre Pieter De Crem, le service public fédéral intérieur a commandé une étude de faisabilité sur le vote en ligne lors des élections. C’est sur cette question de la sécurité que va essentiellement porter l’étude. Les questions de sécurités évoquées sont ici un peu identiques à celles soulevées par le vote électronique déjà utilisé à Bruxelles et en Flandre. Nous sommes face à une technologie complexe qui ôte la possibilité de contrôle citoyen lors de l’opération de dépouillement. C’est un premier danger même si on pourrait imaginer, comme pour le vote électronique, que la technique soit encadrée et maîtrisée. C’est possible mais jamais autant que ce qui est permis par la simplicité du vote papier.

Si l’Etat prévoit des isoloirs c’est pour s’assurer que le vote est personnel. Qu’il n’y a pas d’influence extérieure, par exemple celle d’un parent, d’un patron ou d’un mandataire en place. Le vote par internet, ou du reste le vote par correspondance qui se pratique dans certains pays, ne permet pas de s’en assurer. Et malgré toutes les évolutions possibles de la technique le vote à distance ne permettra jamais la même assurance que l’isoloir.

Ce n’est pas l’argument éthique le plus évident. Mais c’est celui qui compte le plus à mes yeux. La reconnaissance c’est ce qui se passe le dimanche lorsque vous vous déplacez dans votre bureau de vote. Vous y croisez des autres citoyens. Des autres, qui sont peut-être riches, des pauvres, des vieux. Des Belges qui sont là depuis peu croisent des Belges qui le sont depuis leur naissance.

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14.02.20

Istacec

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