Le Web est mort, et sa grand-mère aussi


web

Ce qui est en train d’ainsi s’installer et de supplanter une forme d’usage public d’un Web pensé et conçu comme un « commun », c’est une série de licences globales privées qui incarnent le pire cauchemar de l’inventeur du Web. Ce qui est en train de se produire, c’est ce que Tim Berners-Lee avait très tôt pressenti et voulait à tout prix éviter, c’est-à-dire que naisse un empilement de réseaux et de services qui seraient autant de « silos » incompatibles et imperméables les uns aux autres. C’est pour cela qu’il prit la décision de mettre son projet, « le Web », dans le domaine public, pour éviter une fragmentation, pour que ne se créent pas des espaces inaccessibles les uns aux autres. 


Mary Lee Berners-Lee, pionnière de l’informatique et mère de Tim Berners-Lee, s’est éteinte fin 2017. Au même moment étaient enterrées les promesses d’un Web pensé à l’origine pour être avant tout un « commun ». A 31 ans, elle donne naissance à son 4enfant, un certain Tim Berners-Lee. Le père du Web. Son histoire à lui est connue: ingénieur au Cern, il dépose un jour un rapport sur le bureau de son supérieur, qui le lit et griffonne: «Projet vague mais excitant.» Ce projet vague mais excitant va, en moins de vingt-cinq ans, tout changer dans notre manière de faire société: la politique, l’économie, la culture, l’information, les relations sociales, rien n’échappera aux bouleversements du Web, dont l’histoire reste, en partie, celle « d’un accident fortuit résultant d’un désintérêt commercial initial, d’une négligence gouvernementale et militaire et de l’inclination des ingénieurs à construire des systèmes ouverts simples et faciles », selon le spécialiste en sécurité informatique Bruce Schneier.

Tout va aller très vite. Le 13 Mars 1989, le World Wide Web est né. Le 30 Avril 1993, Tim Berners-Lee et le Cern font le choix de verser l’ensemble de ces technologies dans le domaine public. Et grâce à la structure décentralisée, grâce aux protocoles interopérables, grâce aussi aux infrastructures publiques, naîtront des milliards de pages web, l’expression de millions de gens, et naîtront aussi Amazon en 1994, Google en 1998, Wikipédia en 2001, Facebook en 2004, Twitter en 2006, et tant et tant d’autres.


La suite ici : Le Web est mort, et sa grand-mère aussi

29.01.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.